Bonjour tout le monde !
Merci pour vos commentaires très sympa.
Quand je vous entends tous "gueuler" comme ça, j'ai l'impression que la France est un pays qui "gueule", qui est intransigeant (c'est pas toujours vrai quand on voit les concessions que notre gouvernement fait aux pays qui bafouent les droits de l'homme) et c'est ça qui fait notre force !
Il resonne en moi l'écho de l'exposé sur la France que j'ai fait ce matin dans une école primaire japonaise. Je fais un petit cours d'histoire, commencant par les Gaulois. J'arrive au Moyen-Age, à Louis XIV, à Marie-Antoinette, y a des princes et des princesses, des beaux habits, des chateaux de Versaille, et puis tout d'un coup la "Liberté guidant le peuple" de Delacroix déboule et fout le feu à tout ça ! C'est méchant, énervé, mais on commémore tous les ans cet évenement, le 14 juillet. Si ça ne fait pas de la France un pays de gauchistes...
Bref, tous vos coups de gueule me réchauffent. Je trouve ça marrant comme idée, la colère qui tient chaud...
Et je ne peux m'empêcher d'être impressionné, une fois de plus, par les commentaires de Haruna. Ca m'a fait réflechir.
Les clichés, préjugés qu'on a sur un pays, sur un peuple, ce ne sont que des représentations mentales, nécessaires, qui nous permettent de définir les limites de notre propre univers.
Ce qu'on est, ce qu'on n'est pas. Ce qu'on voudrait être, ce qu'on déteste.
La France, c'est la mode, c'est la gastronomie, c'est chic.
Les capotes, la pillule, même les femmes enceintes apparement, c'est pas chic !
C'est pas chic, donc c'est pas la France.
En conclusion...
Quand on se fait museler de la sorte, même gentillement, même avec tact, on se retrouve malgré soi à éviter le sujet, à la boucler un peu... Je vais reprendre un peu de mes forces...
Mon chef de service m'a donné des "super conseils", suite à tout ça. Il m'a dit : "Ton sujet, c'était bien, mais il va falloir écrire de suite un article pour le prochain numéro. Les gens ont sans doute envie de te connaître. Tu pourrais nous faire un truc sur ta vie quotidienne au Japon, ce que tu ressens, ce que tu as pensé..."
Bref, je me suis fait "habilement orienté", comme dit Virginie.
Outre le fait que je ne trouve pas très interessant de parler de ma vie quotidienne, je trouve qu'ils ont du culot de me demander "ce que je pense", juste après m'avoir censuré... Ils veulent vraiment savoir ?
Ne vous montez pas trop la tête avec cette histoire, je n'y pense plus trop moi-même. J'ai mon frère et un copain à la maison pour un mois, on part au ski demain matin, j'ai de quoi me changer les idées !
Je compte mettre l'article en version originale non-censurée sur mon site japonais une fois l'article publié. (sachant que dans le numéro précedent, où j'étais interviewé, ils ont mis le lien vers le dit-site. Je connais aussi un certain nombre de mamies francophiles qui se font tourner le lien, héhé)
(à la fin d'un exposé d'une heure, dans un lycée)
"- Voilà, vous avez d'autres questions, des choses que vous voudriez savoir sur la France ?
(silence de mort, une petite main se lève)
- Romain-sensei, c'est quoi ton groupe sanguin ?
- ..."



