Salut les cailles,
Les semaines passent doucement et nous arrivons à un moment clé de l'année japonaise : c'est la dernière semaine de mars, la fin de l'année.
Et oui, au Japon, l'année scolaire-universitaire-administrative débute le premier avril. Sans dec'.
Du coup ça bouge pas mal. On enchaîne les sôbetsukai, les pots de départ. Quasiment une tous les jours. Pour tous ces jeunes qui ont décroché leur premier boulot, c'est l'heure d'aller rejoindre un foyer, parfois dans le département d'à côté, souvent à des centaines de kilomètres, comme c'est le cas pour mon ami Kenjirô, qui quitte Chiba pour Aichi.
La procédure est immuable. On passe les entretiens sur Tôkyô, et on va bosser dans une succursale, ici ou là.
Cette "révolution d'avril", qu'accompagne le vent des cerisiers, ne touche pas que les jeunes. Tout Japonais, plus particulièrement les fonctionnaires, change de poste tous les 4 ans. Dans mon bureau, c'est la patronne de l'île d'en face, surnommée madame Ours, qui nous quitte. Mes collègues sont ravis, moi... je n'ai pas d'avis à priori.
J'ai une camarade de l'aikido qui se retrouve mutée pour 2 ans aux Etats Unis. Elle a juste eu le temps de se fiancer avec un beau gosse du club, avant de partir. Lui aussi a un bon boulot, donc il reste au Japon. "Deux ans, ça passe vite", qu'ils disent. On a fait un repas pour fêter ça. Le prof a fait un speech : "De mon temps, quand Monsieur était envoyé à l'étranger, Bobonne n'avait qu'à suivre, et c'était reglé ! Aujourd'hui que les femmes défendent leurs intérêts dans le monde du travail, j'ai peur que nos deux tourteraux n'arrivent pas à se retrouver..."
N'empêche, si c'était le beau gosse en question qui avait été muté, sans doute notre héroïne des temps modernes eût elle, sous la pression, démissionné pour partir avec lui.
C'est ce que j'ai vu dans d'autres cas. Par exemple, une collègue de Yukiko, qui bosse dans la même entreprise avec son mari. Monsieur est muté 3-4 ans aux States. Juste Monsieur. Madame démissionne pour suivre Monsieur. Welcome les Etats Unis, madame ne parle pas anglais, n'a pas de boulot, avenir de plante d'intérieur en prévision...
Perso j'appelle ça le "complexe de la femme de l'ambassadeur". Faîtes chauffer les ferrero, c'est toujours un succès !
Tout à fait ce que je ne souhaite pas à ma belle brune, qui doit d'ailleurs venir me rendre visite le mois prochain pour visiter le Kansai / combler un manque de tendresse / analyser le terrain en vue d'une prochaine migration. (rayer la mention inutile. Pas de mention inutile en fait)
Des millions de Français dans la rue pour gueuler. C'est beau.
Des élections en Israël qui mettent le pouvoir un peu plus au centre (Kadima, le nouveau parti de Sharon) et à gauche (Amir Peretz, syndicaliste d'origine marocaine), ce qui laisse présager, soyons fous, des jours meilleurs pour le Moyen-Orient.
Bref, tout va bien. Ce week-end je me fais un plan "onsen" avec des amis japonais, pakistanais, français. La semaine prochaine, premier "hanami" (pique-nique arrosé sous les cerisiers)...
Ce midi, j'ai été invité par les "baito-san" (emploi-jeunes et moins jeunes) de mon étage à partager quelques pizzas. Très sympa, surtout que les mecs de mon bureau étaient partis eux manger avec Michael l'Américain et ses deux brothers venus lui rendre visite, et que je n'étais pas invité. Charmant. Je m'en fous, y avait pas une seule fille !

En vous souhaitant une bonne journée,
Romain