Bonjour les amis.
Devinez d'où je vous écris ?
Je suis donc revenu dans ma ville d'enfance. J'ai retrouvé la famille, les moules-frites, les amis, les bn.
Les fruits sont délicieux et pas cher, les vêtements à ma taille. Les rues résonnent de musiques africaines et latines. J'ai assisté à un concert gratuit d'Amadou et Mariam à côté de chez moi. J'ai vu mon premier feu d'artifice de l'année.
Un grand nombre de Français fêtent Kippour ou le Ramadan en ce moment.
Je retrouve la diversité qui m'avait tant manqué. Chez mes parents, pour la première fois depuis longtemps les trois enfants étaient réunis. J'ai également fait la connaissance de la charmante copine de mon petit frère.
C'est déconcertant la facilité avec laquelle on peut passer d'un univers à l'autre. En même temps, le climat est à peu près le même, en un peu plus froid. Les gens sont à peu près les même, en un peu plus chauds. J'ai ma famille et mes amis autour de moi, qui ont interrompu leurs activités pour prendre soin de moi.
J'ai retrouvé des gens de l'autre côté du miroir, Cécile et Manu, Hui-Mei et Olivier. J'en ai profité pour encourager mon ami Thomas à faire le grand saut.
La fac s'est rappellée à moi, j'ai enfin eu mon mémoire entre les mains. J'ai parlé de longues heures avec mon prof, et j'ai retrouvé mon complice de quatre (cinq) années d'INALCO, Philippe. Tout plein de choses me sont revenues, que j'avais effacé de ma mémoire.
J'ai encore plein de bonnes choses qui m'attendent ici, plein d'amis à voir. Je vais piquer une tête dans la Méditerrannée, une fois ma maîtrise soutenue. Je dois passer une journée avec Anouk.
La France est restée fidèle à elle même, très agréable, très interessante. Tout le monde se sent concerné par les élections de l'an prochain, sarkozystes contre anti-sarkozystes (à défaut d'être vraiment autre chose).
Je serai confronté dans quelques mois à un choix difficile. On va me demander de choisir dans quel pays je veux passer l'année suivante. Dans ma tête ca se bouscule. On me dit de penser à moi même, de profiter de ma jeunesse. Moi je pense à celles et ceux qui m'ont attendu jusqu'à maintenant, je ne veux pas être égoiste.
Il me reste encore un peu de temps pour décider. Si je pars, j'ai quand même dix mois à passer. Comme l'a si bien remarqué mon ami Sarah, beaucoup de JETs restent une année de plus pour faire tout ce qu'ils n'ont pas eu le temps de faire l'année précédente. Si je vis cette année à 200%, je n'aurai rien à regretter et je pourrais venir me frotter à la vie parisienne. Devrais-je écouter ceux qui me disent que je suis encore jeune et qu'il faut que je profite au maximum de ma vie tranquille à Utsunomiya, vélo, fleuve, tatamis, family restaurant et combini ? Ma côte de popularité de gaijin (d'étranger) ne va-t'elle pas en prendre un coup ?
Dans tous les cas, je soutiens mon M1 ce jeudi. J'ai ensuite une année pour complèter le M2. J'attends de voir la suite. Je n'ai pas envie de revenir sur les bancs de la fac, mais je n'ai rien contre tenter une thèse, si le boulot qui va avec est interessant...
Amis de France que je n'ai pas encore revu, attendez moi !
Amis du Japon qui me manquez déjà, attendez moi !
Est-ce la fatigue, je ne sais pas, mais je vois double, comme si j'étais ivre...
Romain