Prendre 5 minutes. Se détendre, réfléchir. Dimanche est un jour sacré. J'ai 26 ans. Encore. On ne me parle que de ça. J'ai 26 ans, alors on baisse mon salaire par rapport à mon prédécesseur.
J'ai 26 ans, mes amis viennent à la maison, on mange. Ils chantent pour mon anniversaire. Une soirée délicieuse. J'ai 26 ans. Point. Et je ferme les volets. Hier, juste avant la fête, quelqu'un est entré par ma porte, sorti par ma fenêtre, en emportant ma gameboy ? Joyeux noël, petit.
J'ai 26 ans. Ma mère m'a appelé pour me faire écouter le bruit des vagues. Elle se repose un peu de sa vie au service des autres. J'ai 26 ans, mais l'histoire derrière moi est longue longue longue. Je suis né, tu es née, nous sommes nés ici. Des étiquettes, des couleurs, des religions. De quoi se donner un peu de contenance.
J'ai… Ce mot crève la bouche, crève l'espace. Parce que « j'ai », parce que « je suis », je vais t'imposer mon point de vue. Ou te détruire. Ou pas. On est dimanche, de toute façon. Pas le bon moment pour tuer quelqu'un. Une fois qu'on a fait le tour de « j'ai », on peut regarder autour.
« Elle ». Qu'est-ce qu'elle fait ? Qui est-elle ? Ca m'intéresse plus. Que je je je moi moi moi. Et « il » ? « Il » va bien ? Quand on parle de « nous », je suis en kif. « Nous », c'est « toi » et « moi » et tous les « autres ». C'est nous. Où va-t-on ? On y va ?
Oui, allons-y !
Romain