Un oeil, puis l'autre.
Un nez qui se dessine, des lèvres fines.
C'est elle, c'est la femme que j'aime.
Celle qui jamais ne s'efface de ma mémoire.
Celle dont tous parlent sans jamais la faire
Aussi belle qu'elle n'est.
Comment l'oublier ? Comment oublier
Que pendant des années, le monde avait une
Stabilité. Que les jours, que les nuits
Où nous nous éveillions ensemble semblaient
Ne jamais finir. Immortel, autrefois...
Si tu étais là, aujourd'hui
Près de moi, si tu me regardais !
Je veux te sentir. Sois mon air,
Sois mes yeux, montre moi encore
Comme le monde est beau !
Pleurons ensemble, sur les jours, les heures,
Où je n'étais pas là, où tu pensais à autre chose.
Pleurons les années perdues et ceux à qui
Nous n'avons pas dit au revoir. Je suis rentré.
J'ai traversé le temps, j'ai retrouvé le jour.
Pourtant je fais partie de ton obscurité.
Tu ne me vois pas, tu ne sais pas.
Le monde a changé, depuis Orly.
Qu'as-tu fait de notre promesse, de ce petit objet que je t'ai laissé ?
Est-il, pareil au sage, tourné face au mur, plongé dans une méditation
De dix ans au moins ?
Sur notre amour, je pourrais écrire une thèse longue comme la vie.
En attendant, je suis un parmi tant d'autres. Les métros de la capitale
Nous charrient par milliers.
Jour après jour.
Anonymes.