Tiens, il pleut aujourd'hui. C'est dommage. L'atmosphère s'est
réchauffée mais le ciel s'est couvert. Même les cerisiers sont un peu
gris. Je prendrai des photos plus tard.
Le calme règne à la cité
U d'Ôbaku. Par ma grande fenêtre, du premier étage, j'aperçois quelques
toits, des arbres et une fumée blanche qui s'élève mollement, ce qui
signale sûrement un établissement de bain.
Calme et propre. Seulement deux jours que je suis là, donc c'est encore propre.
J'ai
mangé hier soir chez Dave, un autre français qui loge ici. Curry thaï,
Minnie Ripperton et discussions de gaijins avertis. Un bon moment.
J'ai
mis les pieds à la fac, bien plus tôt dans la journée, accueilli par le
carnaval des clubs sportifs et culturels. Les jeunes japonais ici sont
les mêmes que partout ailleurs, les garçons sont tous fiers d'exhiber
leurs quelques mots d'anglais, les filles minaudent et piquent des
fards. J'ai l'impression d'avoir sous les yeux mes petits lycéens de
Tochigi, où j'ai enseigné deux ans, devenus des étudiants de première
année. Qui sait les aventures trépidantes qui les attendent ? Je passe
mon chemin et vais à la rencontre de mon directeur.
C'est une
première rencontre sympathique, avec un homme d'un certain âge très
prévenant et de surcroît francophile. Il me guide dans mes dernières
formalités administratives et me fait faire le tour de ce qui sera
l'essentiel de mon univers pour les mois à venir : centre de recherche,
bibliothèque, autre centre de recherche, autres bibliothèques...
J'ai
un bureau qui m'attend dans un petit "labo" de sciences humaines. Mes
collègues sont japonais, chinois, allemand et anglais. Un hanami est
prévu dès mardi, pour faire connaissance. Mon premier cours est
mercredi matin, à 8h15. Essayons de ne pas trop boire la veille.
J'ai
finalement obtenu des cintres, après une petite randonnée au-dessus
en-dessous de la voie ferrée et le long de voies rapides. Mes camarades
en ont profité pour se fournir en accessoires de première nécessité,
telle qu'une bouilloire pour se faire du café.
Refusant de me
nourrir à l'épicerie du coin, j'ai finalement découvert un petit café
très sympathique, avec un adorable chien (Ryu-chan) et une incroyable
atmposphère "européenne" (anges, collections de dés à coudre et de
soucoupes, Charles Trênet en musique de fond). La maîtresse de maison
est très sympathique. Nous avons parlé de l'Italie pendant qu'elle me
servait un "breakfast" composé d'oeufs, de saucisse, de toasts beurrés
et de salade. Il y a beaucoup d'habitués et tout le monde se salue à
l'arrivée comme au départ. Le bruit court que la base militaire juste
en face ouvrira ses portes aux visiteurs demain pour leur permettre de
voir de plus près ses magnifiques cerisiers.
Je vous ferai un rapport.